D’Innsbruck, je n’avais retenu qu’une chose : le Goldenes Dachl (le toit doré) qu’un empereur très amoureux avait fait construire pour l’élue magyare de son cœur, unissant ainsi les destins de l’Autriche et de la Hongrie pour une longue valse. Et depuis le XVème siècle, ces touches dorées empreignent tous les lieux qui comptent à Innsbruck : les podiums olympiques, bien sûr. Et l’histoire du Grand Hotel Europa : refuge tyrolien du très fantasque Louis II de Bavière, cette adresse obligée du Gotha depuis 1869 a vu défiler toutes les têtes couronnées et beaucoup d’autres et n’a cessé de suivre les modes… sans jamais renier ses origines, définitivement montagnardes.
La facade est sobre, presque flamande. Le bois domine les intérieurs, et l’Europa Stüberl serait une étape gastronomique très convaincante plus haut dans les montagnes : le restaurant est à l’image de l’hôtel, accueillant, confortable, intime en diable. Les fauteuils profonds et les boiseries séculaires renforcent cette certitude que le luxe le plus absolu se confond avec la simplicité la plus parfaite. La carte est à l’avenant : une inspiration autrichienne, faite de Speck, de Spätzl et de Grünner Weltliner que la maîtrise d’un des plus grands chefs d’Europe Centrale transforme en festins pour les gourmets avertis.
Des cuisines jusque dans le détail des chambres, le Grand Hotel Europa est une de ces adresses typiquement autrichiennes, impeccablement tenues, mais sans aucune fioriture. Ici, l’accueil parfait est une donnée et ce sourire que vous rendrez au doorman, est juste sincère. Les chambres n’ont pas besoin de plus qu’un confort douillet pour plonger leurs hôtes au cœur d’un temple de l’hospitalité, et que vous soyez ici pour profiter des meilleures neiges d’Europe ou un concert du Quatuor Alban Berg dans la crypte de la Hofkirche, vous en êtes quitte pour un merveilleux moment.